Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /Nov /2006 16:20
Un film de Larry Charles
 
Titre original : Borat
 
USA (2006)
 
Comédie (env.1h30)
 
Avec : Sacha Baron Cohen, Ken Davitian, Pamela Anderson…
 
 
 
 
Résumé : Borat, journaliste Kazhan, est envoyé par son gouvernement aux Etats-Unis pour tourner un documentaire, sur leur mode de vie, à la vue d’instruire son pays. Mais Borat est ignorant, raciste, antisémite, misogyne…et son comportement iconoclaste va forcément conduire à un choc des cultures pour les personnes qu’il va rencontrer à travers tout le pays : des hommes politiques, des minorités ethniques, en passant par la bourgeoisie américaine, les fanatiques religieux jusqu’aux « rednecks » pur et dur. Ainsi que Pamela Anderson dont Borat, après avoir vu un épisode d’Alerte à Malibu part demander en mariage… 
 
Imaginez la verve de Michael Moore et son don pour appuyer là où ça fait mal associés avec la connerie d’un Michael Yoün (mais en drôle !!!). Mélangez le tout et vous obtenez Bora t, personnage désopilant, né de l’esprit du comique anglais Sacha Baron Cohen (plus connu pour son personnage d’Ali G) qui lui prête ses traits et dont le film suit les (més)aventures. L’histoire de Borat est simple : suivant les principes mêmes du road-movie, Borat, qui en quête d’apprentissage de la culture américaine, nous promène à travers tout les Etats-Unis (on va de New York jusqu’en Californie), multipliants les rencontres pas toujours très heureuses mais franchement drôle. Une intrigue banale au premier abord, mais l’originalité du film tient dans le fait que toutes les situations comiques que vivent les personnages sont réelles. En effet, si le personnage de Borat est tout ce qui il y a de plus fictif, les personnes qu’ils rencontrent sur son chemin sont tous de vraies personnes qui subissent réellement les farces de l’acteur, persuadés que la personne à qui ils ont à faire est vraiment un journaliste venu du Kazakhstan. Quand la fiction rencontre la réalité, cela ne se fait pas en douceur, bien au contraire.
 
Le film se présente donc comme une succession de canulars tous plus osés les uns que les autres, l’acteur poussant parfois tout ce petit monde dans leurs derniers retranchements (voir la scène du repas mondain). Car Borat ose tout et se permet de faire n’importe quoi, allant jusqu’à enfoncer tous les tabous (inceste, antisémitisme, trisomie...). C’est bien simple s’il y a une chose qu’il ne faut pas faire Borat le fait : courir tout nu dans un grand hôtel lors d’une conférence, se moquer de l’hymne national devant toute une foule, inviter une prostituée chez des aristocrates… (je n’en dit pas plus je vous laisse découvrir le reste). Usant d’un humour ravageur, débile et fun (quoique un peu trop porté sur la scatologique) Sacha Baron Cohen est tout bonnement irrésistible, faisant de Borat, un personnage attachant malgré tous ses nombreux défauts. Mais  Borat, ne se résumerait au bout du compte qu’à un simple programme de télé réalité débile, ramené au format ciné (tout ce qu’est Les 11 commandements rien de plus), si le film ne possédait pas une trame, il est vrai très linéaire mais efficace, qui justifie la succession de scènes qui nous sont proposées et apporte une certaines cohérence à l’ensemble. L’utilisation de la voix-off permet également de renforcer le côté fiction du film. Au final, on a plus l’impression d’avoir vu une vraie œuvre de cinéma, qui à quelque chose à dire, qu’un programme télé.
 
 Pourtant sous ses apparences de comédie de mauvais goût, le film sait se montrer corrosif. Borat se fait le témoin de notre époque : en renvoyant une image peu glorieuse de l’Amérique d’aujourd’hui. L’image d’un pays qui depuis le 11 septembre s’est renfermé un peu plus sur lui-même et dans l’ignorance, le racisme (voir la scène avec le cow-boy, incroyable !), l’obscurantisme et la violence. Un pays persuadé qu’il est le modèle à suivre, aveuglé par sa grandeur. On pourra toujours crier à la facilité et à la caricature mais si la satire est aussi provocatrice et la farce aussi monstrueuse, la faute en revient à ceux qui en font les frais. En réagissant comme ces personnes le font, elles reflètent la société dans laquelle elles vivent. De plus, le film ne fait pas que donner une image négative de l’Amérique, il en propose une image quelquefois touchante (le couple de vieux juifs, la prostituée…). On a aussi accusé le film de donner une image négative et fausse (pourtant très drôle) du Kazakhstan. Mais ici, l’acteur ne fait que véhiculer l’image que l’Amérique (voir l’occident en général) donne des pays de l’est. D’ailleurs en définitive, l’Amérique que montre Borat n’est pas très éloigné du Kazakhstan imaginaire du film. A la fin du film, on en sort, mort de rire sans avoir l’impression d’avoir été pris pour un con. Faire rire tout en faisant réfléchir, voilà bien l’apanage des plus grandes comédies.
 
Pour faire court : Une comédie drôle et désopilante, qui à travers un mauvais goût assumé, arrive à faire ressortir toute la bêtise humaine de notre monde. La machine Borat est en marche et çà fait très mal. A ne pas manquer.
Par Juliano - Publié dans : Critiques cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 13 novembre 2006 1 13 /11 /Nov /2006 17:27
Un film de Guillaume Canet
 
France (2006)
 
Thriller (env. 2h05)
 
Avec: François Cluzet, Marie-Josée Croze, François Berléand, André Dussolier, Kristin Scott Thomas, Nathalie Baye, Jean Rochefort, Gilles Lellouche, Olivier Marchal, Jalil Lespert...
 
 
 
 
Résumé : Alex et Margot, un couple marié, coule des jours heureux. Mais lors d’un week-end à la campagne, Margot disparaît et est retrouvée morte, assassinée, semble t-il par un « serial killer » qui se trouvait dans la région. 8 ans plus tard, Alex, qui ne s’est jamais vraiment remis de la mort de sa femme, reçoit un mail où filmée en direct par une Webcam, il voit Margot vivante. En même temps, la police trouve des indices susceptibles de suspecter Alex, à nouveau, du meurtre de son épouse. Alex doit mener lui-même l’enquête…
 
 
On attendait avec une certaine impatience, le prochain film de Guillaume Canet, en tant que réalisateur. Mon idole, bien que pourvu de défaut inhérent à tout premier film, était une réussite laissant présager du meilleur pour la suite. Alors Mon idole, fût-il un coup de chance ? A-t-il réussit l’exercice que représente un deuxième film ? A-t-il prouvé qu’il est bien un réalisateur à part entière ? La réponse…oui sans aucun doute.
 
Après s’être essayé à la comédie satirique avec Mon idole, vision virulente de la télé « trash », Guillaume Canet choisit de s’attaquer à un exercice difficile : le thriller. Difficile car le thriller est plutôt l’apanage du cinéma américain. Et on ne peut pas dire que la France se soit distinguer dans le genre dernièrement : on peut citer le moyen Les rivières pourpres de Matthieu Kassovitz, l’irregardable L’empire des loups de Chris Nahon, le minable Six-Pack d’Alain Berberian ou bien le mou du genou Anthony Zimmer de Jérôme Salle… des films qui à trop vouloir marcher sur ces illustres modèles américains, ne sont au final que de pâles copies indignes (dans le meilleur des cas), alternant entre un aspect souvent franchouillard ou prenant les airs d’un sous produit américain. Au bout du compte tout reste à faire en matière de thriller à la française. En choisissant d’adapter le roman d’Harlan Coben et de transposer l’histoire en France (celle du livre se déroule aux Etats-Unis), Guillaume Canet prend des risques de voir son entreprise échouer (certaines histoires peuvent se révéler médiocres une fois sorties de leurs contextes géographiques) et au final de réaliser un thriller bas de gamme.
 
 
Heureusement, ce n’est pas le cas. Grâce à un gros travail d’écriture du duo de scénaristes (Canet et Philippe Lefebvre), le film ne paraît jamais ridicule et évite tous les pièges du changement de lieu de l’action. Le récit manie habilement le suspense et l’action, dénouant son intrigue, à un rythme qui ne faillit jamais: c’est bien simple on ne décroche pas du film du début jusqu'à la fin (malgré une fin un peu trop explicative). Un scénario qui n’a rien à envier aux meilleurs thrillers américain doublé d’une très belle histoire d’amour où le réalisateur fait preuve d’une sincérité qui emporte l’adhésion.
 
 
L’autre point fort du scénario, c’est comment Guillaume Canet est arrivé à donner vie aux nombreux personnages dont regorge le film, chacun arrivant à exister et trouve naturellement sa place à l’intérieur de l’histoire. Des protagonistes interprétés par une distribution prestigieuse : François Cluzet excellent (on ne l’avait jamais vu comme ça), André Dussolier (touchant), Marie-Josée Croze (hitchcockienne) , Kristin Scott Thomas, Nathalie Baye, François Berléand (qui enfin laisse ses mimiques de côtés), Jean Rochefort (glacial), Gilles Lellouche (étonnant), Olivier Marchal, Jalil Lespert… Tout ce petit monde qui semble avoir pris un énorme de plaisir à tourner devant la caméra.
 
 
Quant à la réalisation, Guillaume Canet a fait de sérieux progrès : il épure sa mise en scène, laissant les gros effets inutiles (auxquels Mon idole n’échappait pas toujours). De ce fait, sa réalisation gagne en efficacité et se révèle tour à tour, nerveuse et sèche dans les moments forts (les scènes de course poursuite, l’exécution des hommes de mains par Gilles Lellouche…) aérienne et posée dans les scènes plus calmes (le début du film…). Au final Ne le dis à personne, réussit sur tous les tableaux démontrant définitivement les qualités de metteur en scène et de directeur d’acteurs que l’on soupçonnait à son réalisateur. Et ça, il faut le dire à tout le monde !
 
Pour faire court : Confirmant tout le bien qu’on pensait de lui depuis Mon idole, Guillaume Canet nous revient avec un thriller diablement efficace, au scénario bien ficelé, servi par un casting quatre étoiles. Une réussite.
Par Juliano - Publié dans : Critiques cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 19:29
Un film de Brian de Palma
 
Titre Original : The Black Dalhia
 
USA (2006)
 
Policier (env. 2h)
 
Avec: Josh Hartnett, Aaron Eckhart, Scarlett Johansson, Hilary Swank, Mia Kirschner, William Finley...
 
 
 
 
Résumé : Los Angeles, les années 40, le cadavre, incroyablement mutilé, d’une jeune femme est retrouvé dans un terrain vague. Les deux inspecteurs Bucky Bleichert et Lee Blanchard, deux anciens boxeurs, sont en charge de l’enquête qui s’annonce difficile à cause de la presse qui en font leur choux gras. Très vite l’identité du cadavre est découverte : il s’agit d’Elizabeth Short, une starlette qui rêvait de percer à Hollywood. Mais sous ses apparences, le Dahlia Noir cache de lourds secrets…
 
Il y a des projets qui dès leur annonce provoquent un immense engouement, des films qui par leur sujet, leur réalisateur, leur casting… font qu’on a tout de suite envie de les aimer car le résultat ne pourra qu’être grandiose. Le dahlia noir est de ceux-là : en effet, l’annonce de la mise en route de l’adaptation du roman phare de James Ellroy, par le grand Brian de Palma, ne pouvait que provoquer l’attente générale du public. Et comme (trop) souvent tout film qui suscite un tel engouement la déception est au rendez vous.
 
 
Car oui le film est une déception. Ceux qui attendaient, l’adaptation ultime d’un roman de James Ellroy (mais n’existe-t-elle pas déjà ? L.A. Confidential ?) en seront pour leur frais. Bien sûr, une adaptation ne peut pas combler tous les fans et puis il faut regarder le film en lui-même, car qui dit mauvaise adaptation ne veut pas forcément dire mauvais film (Cf. Blade Runner). Mais une fois encore, il faut se rendre à l’évidence, cela ne change rien, la déception est toujours au rendez vous.
 
La faute à un scénario qui (à force de raccourcis) simplifie au maximum l’œuvre et reste parfois confus (une personne qui n’a pas lu le livre sera sûrement paumée), se montrant incapable de restituer un seul instant, la force d’écriture de l’auteur. Un scénario qui à vouloir traiter toutes les histoires parallèles, les sous-traites et perd le fil de l’enquête elle-même. A titre d’exemple, on pourra dire que le personnage d’ Elisabeth Short ne possède pas tout le potentiel nécessaire (elle n’intrigue jamais réellement) et que la psychologie des personnages fait défaut : les tourments des personnages sont survolés au point d’en devenir caricaturaux.
 
A cela s’ajoute un casting décevant (dont avait déjà des craintes depuis le début) qui entre un Josh Hartnett fadasse (pas crédible du tout en boxeur mi-lourd), un Aaron Eckhart pas convaincant et à un trio féminin (Scarlett Johansson, Hilary Swank, Mia Kirschner), pas mauvais en soi, mais qui ne correspond pas vraiment aux personnages du livre, ce qui donne l’impression de n’être jamais vivants, incarnés et empêche tout ressentiment de la part du spectateur.
 
Si Brian de Palma semblait la personne idéale pour mettre en image le roman d’Ellroy, dans lequel on retrouvait plusieurs des obsessions de son cinéma (faux semblant, image du double…), le réalisateur semble s’être mis en mode automatique : comme si Brian de Palma ne savait pas comment mettre en scène son film et nous ressort ses tics de réalisation, la plupart du temps, à des moments inappropriés (voir le plan séquence filmé à la 1ère personne : inutile) ou qu’à force de faire de trop nombreux compromis avec la production  il a baissé les bras et s’est juste contenté de rendre sa copie en temps et en heure(l’avenir et la sortie du DVD nous le révèleront peut être). Au bout du compte, la mise en scène ne retranscrit que très rarement la noirceur et la violence du roman (le meurtre de Blanchard…), l’empêchant le récit d’être prenant (le match de boxe, la fusillade).
 
Pour finir, on pourra toujours signaler l'aspect (volontairement?) toc de certains décors, nuissant un peu plus à l’ensemble et la présence d’acteurs "de Palmien" (William Finley, Gregg Henry) mais hélas trop peu présents à l’écran.
 
 
Pour faire court : Une adaptation décevante du roman qui par un mauvais casting, un scénario simpliste et confus et un Brian de Palma peu inspiré, plombe le projet du début jusqu'à la fin. Dommage.
Par Juliano - Publié dans : Critiques cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /Nov /2006 14:59

Un film de Takashi Miike

Titre original: Koroshiya 1

Japon (2001)

OFNI (env. 2h04)

Avec: Todanobu Asano, Shinya Tsukamoto, Sabu, Alien Sun, Susumu Terajima....

 

 

Résumé: Anjo, le chef d'un gang de yakusa, disparaît mystérieusement avec une importante somme d'argent, Kahibara, son second, homme psychopathe, tortionnaire et masochiste, part à sa recherche dans toute la ville. Après avoir torturé le chef d'un autre clan yakusa, il se rend compte que tout cela ne peut être que l'oeuvre d'un tueur professionnel. En effet, l'auteur du crime se nomme Ichi, un jeune adolescent perturbé qui manipulé par le mystérieux Jijii, sème la mort un peu partout chez les yakuzas. Sa prochaine cible n'est autre que Kahibara lui-même...
 
Depuis la sortie en occident de son Audition, Takashi Miike est devenu en très peu de temps un réalisateur incontournable de la scène mondiale cinématographique. Tout en étant le sujet de nombreux débats chez les cinéphiles, Takashi Miike c'est forgé une réputation de réalisateur iconoclaste, en réalisant des films loufoques, étranges voire complètement « barrés »,  ne cessant de diviser: c'est bien simple, soit on adore soit on déteste. Avec Ichi the killer, le "fou filmant" ne déroge pas et signe son oeuvre la plus extrémiste, la plus choquante, le film de tous les excès...en deux mot son chef d'oeuvre.
 
Sur le papier, Ichi the killer ne se démarque pas vraiment : l'histoire est simple et ne dénote pas des codes d'un film de yakusa (guerre des gangs, règlements de compte, interrogatoires musclé, trahison...). C'est dans la réalisation de Miike et dans son côté malsain et pervers, son caractère totalement fou qui fait d'Ichi the killer, un film iconoclaste. Ichi the killer, est l'adaptation du manga éponyme d'Hideo Yamamoto, sorti en 1998 et qui connu un énorme succès au Japon. A ce titre, le film est très fidèle au matériau d'origine. Il n'est donc pas étonnant que dans son oeuvre, Miike se réapproprie les éléments et thématique qui ont fait la notoriété du manga: la violence, l'ambiance malsaine, l'ambiguïté sexuelle du héros, le traumatisme de l'adolescence, la critique de la société japonaise... Tous ces éléments ne pouvant donner qu'oeuvre violente et extrême.
 
Violent et extrême, le film l'est à plus d'un titre: Miike succède les scènes gores les unes après les autres, à un rythme soutenu, où il ne nous épargne rien et est décidé à nous montrer tout ce que les autres se refuseraient à faire : abondance de sang, de tripes, tétons et langue découpé, sexualité ambiguë (selon la légende le sperme qu'on voit dans le film serait du vrai), massacres en tout genre. Que ce soit les scènes de tortures pratiquées par le personnage de Kahibara ou les exécutions d'Ichi. Des séquences totalement folles où le réalisateur se laisse aller à toute sa folie visuelle, alternant entre violence loufoque, proche de celle du manga, limite « Tex Avery » (le découpage d'un homme en deux) et violence plus réaliste (la scène du yakusa pendue pas la peau). C'est cet enchaînement de violence graphique, débridée, parfois drôle, qui a valu au film sa réputation d'oeuvre culte. Mais résumé le film uniquement sur ça, ce serait faire les jeux des détracteurs du réalisateur qui n'y voit qu'une succession de violence gratuite, ce qui serait vrai si le film ne racontait rien.
 
Si le film est aussi extrême dans sa représentation de la violence c'est que Miike scrute la violence de notre société (en l'occurrence celle du Japon), celle-ci est partout : à l'école (Ichi s'y faisait tabasser régulièrement, le viol auquel il assiste, il sauve un garçon qui subit la même chose que lui...), dans les foyers, au travail (le patron d'Ichi le frappe et lui impose de se faire Hara-kiri parce qu'il a mal fait son travail) et bien sûr dans la mafia (la prostituée qui se fait battre par son mac...). Une violence qui finit par devenir, pour les personnages (pas pour le spectateur) de plus en plus banale au fur et à mesure que le film avance jusqu'à en devenir invisible (Cf. la scène finale glaçante où des enfants passent à côté d'un homme pendu sans y faire attention, continuant à sourire et à s'amuser). En plaçant tous ses personnages dans un cycle de la violence, dont la seule issue sera la destruction et la mort (tout le monde meurent excepté Ichi et Jijii), le réalisateur nous montre une vision peu valorisante de la société d'aujourd'hui, pour ne pas dire pessimiste : aucun des protagonistes n'est positif, aucun ne semble connaître le sentiment d'amour, tous sont des personnes violentes, sociopathes, tous sont des névrosés ou de profonds cinglés (les personnages des jumeaux). A commencer par le « héros » du film, Ichi, adolescent perturbé, pleurnichard qui dès qu'il se sent oppressé ne réagit que par le meurtre, seule chose qui peut lui procurer du plaisir. Si au début, le spectateur peut ressentir une certaine pitié envers lui, très vite se sentiment disparaît au profit d'un profond dégoût (Ichi se masturbe sur ses victimes) au fur et à mesure que ces actes n'ont plus aucune justification (il tue même l'enfant qu'il avait sauvé au début du film). A lui s'oppose Kahibara, vrai psychopathe qui, tout comme Ichi, ne prend du plaisir qu'a torturé et à tué. A ce niveau rien ne distingue vraiment Ichi de Kahibara sauf que ce dernier accepte complètement sa perversion et n'éprouve aucun remord à ces actes (il rit et sourit lorsqu' il torture). Contrairement au manga, Ichi est mis au second plan par rapport à Kahibara (interprété par Asano Tadanobu), devenant la figure emblématique du film. Il faut dire que tout est fait pour le mettre en valeur : ses costumes flashy, sa coiffure blonde et surtout ses joues balafrées qui lui donne un sourire plus grand que nature font de lui un personnage qu'on est pas près d'oublier. A l'image du film.
 
 
Pour l'anecdote, on trouve plusieurs réalisateurs au casting du film : Sabu (réalisateur de Postman Blues) et surtout Shinya Tsukamoto (Tetsuo I & II, Bullet Ballet, Tokyo Fist), réciproquement dans les rôles d'un ancien flic déchu, devenu yakusa et du personnage de Jijii. Le film est tellement considéré comme violent, que les organisateurs d'une avant première du film ont fourni aux spectateurs, des sacs pour vomir.
Le film fut censuré un peu partout le monde. Aujourd'hui le film est disponible en DVD dans sa version "uncut"
 
 
Pour faire court : Oeuvre totalement violente et déjantée, Ichi the killer est un véritable OFNI (objet filmique non identifiée) où Miike se lâche complètement et donne libre court à toute sa folie créatrice. Un film rare. Attention les yeux !!!
Par Juliano - Publié dans : Critiques cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /Nov /2006 12:27
Un film de Woody Allen
 
USA, Angleterre (2006)
 
Comédie policière (env. 1H36)
 
aAec: Scarlett Johansson, Hugh Jackman, Woody Allen, Ian McShane...
 
 
 
 
Résumé : Durant la représentation d'un spectacle de  magie du grand Strombini, Sondra Pransky, jeune femme voulant devenir journaliste se retrouve nez à nez avec le fantôme d'un grand reporter, Joe Strumble, qui lui révèle l'info du siècle: un riche aristocrate anglais, Peter Lyman serait un célèbre serial killer « le tueur au tarot » qui sévit dans Londres depuis un an. Avec l'aide de Stromboni, elle décide de mener l'enquête. Mais en infiltrant son milieu, la jeune femme tombe sous son charme alors que de nombreux indices le désignent comme suspect...
 
Avec Match Point, Woody Allen donnait un sérieux coup de jeune à son cinéma (qui avait tendance à se répéter). Tout juste un an après, il nous revient avec son nouveau film : Scoop. Alors peut on s'attendre à ce que le réalisateur réussisse une nouvelle fois l'exploit ? La réponse : oui et non. Tout d'abord le cinéaste semble avoir retenu (en partie) la leçon et reprend des éléments de son précédent métrage (l'action se situe à Londres, Scarlett Johansson) tout en y associant ceux qui sont la base de son cinéma (la comédie, lui- même, l'enquête policière). Et cela fonctionne plutôt bien.
 
L'élément qui frappe dans le film, c'est que Woody Allen ne joue plus l'amant ici (comme dans Anything Else), le réalisateur laisse la romance à ses deux jeunes interprètes, Hugh Jackman, occupant sa place (très bon en aristo anglais mais un peu laissé pour compte au final) et Scarlett Johansson (belle même quand elle est enlaidie). Ce qui permet de nouveau au cinéaste d'insuffler un peu de fraîcheur à son cinéma. Lui permettant également de se renouveler en personnage de (faux)père et de magicien (montrant son amour pour la magie, à l'instar de son Sortilège du scorpion de Jade).
 
 
Si l'histoire manque d'originalité, que le déroulement de l'intrigue et la fin sont prévisibles, la réussite du film se trouve dans le (faux)couple père -fille que compose Woody Allen et Scarlett Johansson (le couple vedette du film c'est eux) qui fonctionne à merveille. L'actrice (devenue la nouvelle muse du cinéaste)  prouve qu'elle est aussi bien à l'aise dans le drame que dans la comédie et son alliance avec le cinéaste rappelle les grands couples alleniens d'antan. Grâce à ce duo, servi par des dialogues particulièrement savoureux et caustiques (une habitude chez Woody Allen), le réalisateur remplit son contrat : faire rire.
On peut aussi noter une nouvelle introduction du fantastique (le réalisateur l'avait déjà utilisé dans Harry dans tous ses états) avec l'apparition d'un fantôme, joué par Ian McShane (aller voir la série Deadwood !!!), un peu survolé mais qui prolonge le goût de fantaisie présent tout le long du film (voir la scène finale dans l'au-dela).
 
 
Même s'il ne réitère pas l'exploit de Match Point, et même si Scoop reste une oeuvre mineure dans la filmographie du cinéaste, il n'en demeure pas moins que Woody Allen reste en grande forme et signe une comédie légère et savoureuse riche en gags servie à un rythme qui ne faillit jamais: au final, on rit beaucoup et on ne s'ennuie pas et c'est déjà pas mal.
 
Pour faire court : Woody Allen revient à la comédie et signe un film très drôle, dont les très bons dialogues et le charme des interprètes, arrivent à faire oublier un scénario mince et une fin prévisible.
 
Réplique: "Je suis né de confession hébraïque mais je me suis converti au narcissisme".
Par Juliano - Publié dans : Critiques cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Profil

  • Juliano
  • Juliano fait son cinéma
  • Homme
  • 27/01/1983

Présentation

Derniers Commentaires

overblog

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés