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Bonjour à tous, ce blog est dédié au cinéma et rien qu'au cinéma. Il propose des critiques de films, de séries T.V, des dossiers... N'hésistez pas à laisser vos commentaires et vos avis sur les oeuvres chroniquées!

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Critique ciné: Zodiac

Un film de David Fincher
 
USA (2007)
 
Thriller (env. 2h36)
 
Avec : Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Anthony Edwards, Robert Downey Jr, Brian Cox, Chloë Sevigny, Elias Koteas, Dermont Mulroney…
 
 
 
 
Résumé : USA, fin des années 60. Le bureau du San Francisco Chronicles, ainsi que plusieurs autres grands quotidiens, reçoivent une lettre anonyme d’une personne revendiquant deux récents meurtres ayant eu lieu dans la région. La profusion de détails que seul l’assassin pouvait connaître, ne laisse aucun doute sur la véracité de la lettre. En plus d’aveux, elle demande de diffuser un étrange cryptogramme à la une de leurs éditions, sous peines de voir d’autres bains de sang se produire. Commence alors un règne de la terreur pour la population de la côte ouest des Etats-Unis, terrain d’un jeu du chat et de la souris entre la police et l’un des tueurs en séries les plus mystérieux et les plus célèbres de l’histoire américaine : celui qui se fait appeler le Zodiac…  
 
Out of control
 
On peut ne pas aimer le cinéma de David Fincher, son côté manipulateur et son obsession formaliste, mais s’il est bien une chose que personne ne pourra lui reprocher c’est bien son incroyable culot : après avoir mis à terre tout le monde avec le final aussi renversant que nihiliste de Seven, il signe The game, thriller paranoïaque à la conclusion imparable puisque l’explication est d’une simplicité confondante (ce n’était qu’un jeu) mais dont personne n’aurait jamais eu l’idée. Ensuite il propose ce qui reste à ce jour un incroyable suicide cinématographique Fight Club, film punk et destroy, pamphlet contre la société capitaliste, crée au sein même d’un grand studio. Suite à cet acte d’autodestruction, tout le monde s’attendaient à une marginalisation du réalisateur et à une œuvre produite hors du système hollywoodien. Et bien pas du tout, au contraire il s’octroie une « pause » et sort Panic Room, vrai film de studio mais avant tout excellent exercice de style dans lequel il a pu assouvir ses pulsions perfectionnistes d’images léchées, savamment étudiées. Il est clair que David Fincher n’aime pas qu’on lui dicte ce qu’il doit faire et c’est surement pour cela qu’il ne fait jamais ce qu’on attend de lui. Preuve encore une fois avec Zodiac dans lequel le réalisateur revient au genre qui a fait sa gloire : le film de tueur en série.
 
Faux-semblant
 
Mais pas question pour lui de se reposer sur ses lauriers en signant un Seven-like ou un Seven bis. Non ! David Fincher est un homme de défi. Il cherche constamment de nouveaux terrains à conquérir. Chaque film est une nouvelle avancée technique et thématique. Si Zodiac parle d’un tueur en série comme dans Seven cela reste l’unique point de comparaison. Ainsi à l’enquête policière purement fictive, Fincher décide d’évoquer une des plus célèbres affaires criminelles du pays de l’oncle Sam. Celle de l’histoire du Zodiac, tueur en série qui terrorisa pendant plus de quinze ans la côte ouest des Etats-Unis. Au thriller doté d’un suspense implacable, il choisit la voie de la chronique façon Les hommes du président ou encore JFK, style plus proche du film historique que du thriller pur. A l’ambiance glauque et ténébreuse, il préfère une atmosphère naturaliste. Le meilleur moyen selon le réalisateur (désireux de faire accéder à un autre niveau le film de serial killer) pour coller au plus près de la réalité.  
 
La vérité, rien que la vérité
 
RE-A-LIS-ME, c’est bien le mot d’ordre du film. Basé sur une recherche minutieuse et fouillée le scénario exemplaire propose une vision globale et archi-détaillée de l’affaire, revenant sur chaque épisode important de l’enquête de manière exacte et précise (voir la profusion d’indications temporelles), permettant une parfaite lisibilité et compréhension de l’histoire, bien qu’un ou deux évènements ne soit pas complètements clairs (la tentative de l’enlèvement d’une femme et de son bébé). Zodiac présente donc une justesse des faits et une reconstitution élaborée, dut à la décision de Fincher de respecter les parents des victimes et les vrais protagonistes de l’histoire (certains furent des consultants sur le tournage), mais également d’assouvir son obsession quasi-maniaque du détail (les scènes de meurtres ont été tournées sur les vrais lieux et quasiment au jour près de la date d’anniversaire des drames). Souci qui se retrouve dans le choix des acteurs (tous excellents) sélectionnés pour leurs ressemblances avec les personnages ; les accessoires, la BO et la splendide mise en scène du film, où chaque plan semble avoir été étudié avec le plus grand soin. Tourné entièrement en HD, Zodiac se veut plus qu’un simple hommage aux films des années 70, mais est une vraie immersion dans les seventies. Fincher et son directeur de la photographie ont su jouer des possibilités de ce support pour fournir une patine chromatique se rapprochant le plus de celle de l’époque. Un aspect réaliste (mais pas documentaire) accentué par l’absence totale d’effets « tape à l’œil » présents dans les précédentes œuvres du réalisateur, au profit de longs plans-séquences.
 
Le règne de la terreur
 
Si le film avait été réalisé dans les années 70, il est probable que l’on aurait pu voir Zodiac comme le reflet d’une Amérique rêveuse et idéaliste se confronter à la dure réalité du monde (guerre du Vietnam, l’affaire du Watergate et tout le tralala…). Tourné en 2006, c’est une matérialisation des angoisses de l’Amérique d’aujourd’hui, notamment de la peur du terrorisme. Cette peur d’une attaque qui surgit sans prévenir, l’attaque d’un ennemi insaisissable, qui s’abat sur vous au moment où l’on s’y attend le moins et qui ne semble avoir aucun sens. Le plus effrayant n’est-il pas ce qui nous est inconnu ? Mais comment expliquer les actes criminels d’une personne tuant sans aucune logique (le film se garde bien de donner la moindre explication) ? Car plus que connaître l’identité de l’assassin, les personnages enquêtant sur l’affaire veulent avant tout comprendre. Une quête du savoir qui vire à l’obsession, voir l’obsession destructrice (le personnage de Robert Downey Jr.). Une manière comme une autre d’échapper à l’angoisse qui ronge le pays de l’intérieur, s’enfermant un peu plus sur lui-même. Bien évidemment l’éclaircissement n’aura pas lieu (l’enquête est officiellement non résolue) comme pour dire que l’Amérique n’est pas encore prête à affronter la réalité en face. L’Amérique à peur et ce n’est pas prêt de s’arrêter.
 
Pour faire court : David Fincher change son fusil d’épaule et réalise avec un talent toujours égal, Zodiac. Parfaite antithèse de Seven et brillante chronique ultra réaliste et documentée d’une page sombre de l’histoire de l’Amérique.
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